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Abdellatif Kabbaj, inquiet pour les professionnels

Abdellatif Kabbaj, inquiet pour les professionnels

Il est Président de la Confédération Nationale du Tourisme et à ce titre il se doit de défendre la profession. Il est également Président d’un des plus grands groupes hôteliers marocains, Kenzi Group Hôtels et il fait partie de ceux qui ont été touchés de plein fouet par la faillite de Thomas Cook.
Avec ses deux casquettes et son franc parler, Abdellatif Kabbaj nous explique cette situation hors normes qui met, aujourd’hui en difficulté plusieurs établissements et groupes hôteliers, principalement à Marrakech et Agadir.

Pour le Président de Kenzi Group Hotel, Thomas Cook aujourd’hui c’est quoi ? un mauvais souvenir ?

Il faut tout d’abord rétablir les vrais chiffres. L’ardoise qu’a laissé Thomas Cook serait de l’ordre de 100 Mdhs environ. 35 Mdhs pour les hôteliers de Marrakech, 25 Mdhs pour ceux d’Agadir et quelques 40 Mdhs pour les transporteurs, restaurateurs et receptifs. Voilà les chiffres actuels sachant que l’ardoise est pour les mois de juin, juillet, aout et une partie du mois de septembre. Une vingtaine d’hôtels sont concernés. J’aimerai d’ailleurs féliciter ces hôteliers qui ont gérés la situation avec un grand professionnalisme. Nous avons pris soins de tous les touristes qui étaient au Maroc après la débacle de Thomas Cook. Tous sont repartis contents et n’ont rencontrés aucun désagrément.

En votre qualité de Président de la CNT, vous avez écrit un courrier au ministre de tutelle, en l’occurrence Mohamed Sajid, avez vous eu une réponse ?

Nous avons tenu deux réunions avec le ministre, à Marrakech et à Agadir. Il nous a promis monts et merveilles mais il n’y a eu aucun suivi. Nous lui avons donc envoyé un courrier en bon et du forme dans lequel nous avons demandé un soutien de l’Etat dans cette crise mais à ce jour aucune réponse. Que voulez-vous que je vous dise, c’est une situation déplorable quand on la compare avec l’aide que les autres pays ont reçu…U

Justement, ma question cette fois est à la fois pour le Président de la CNT et celui de Kenzi Group : plusieurs pays ont reçu de l’aide mais pas le Maroc... Cela vous laisse un goût amer ?

Un goût amer effectivement. Nous sommes très inquiets et désolés de cette situation. La Gréce, la Turquie, la Tunisie… accompagnent leurs hôteliers.

On nous pousse à investir, à recruter mais quand on a besoin d’eux, il n’y a personne.

Les prochains mois vont être difficiles. Le minimum serait que l’Etat nous débloque des crédits sans intérêts via un fond de garantie. On peut aussi nous exonérer de la TP et de certains impôts locaux par exemples. Il y a de multiples manières d’apporter une aide aux hôteliers en difficulté.
Cela nous permettrait de nous retourner et de garantir les emplois dans nos établissements, en attendant que nous récupérions nos parts de marché perdues avec l’aide de l’ONMT qui doit continuer à nous accompagner pour démarcher de nouveaux clients auprès des plus gros prescripteurs. Son rôle est essentiel aujourd’hui plus que jamais…

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