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La Tour Mohammed VI, manifeste d’un pays en ascension

La Tour Mohammed VI, manifeste d’un pays en ascension

Sur les rives du Bouregreg, la Tour Mohammed VI redessine la silhouette de la capitale marocaine. Entre prouesse architecturale, ambition africaine et dialogue avec l’histoire, ce nouvel édifice incarne un Maroc en pleine projection, où héritage et modernité s’élèvent d’un même élan. Visite guidée.

Dans la lumière claire du Bouregreg, une silhouette élancée s’impose désormais au regard. À mesure que l’on s’approche des rives, la Tour Mohammed VI surgit, verticale et presque irréelle, comme posée entre ciel et fleuve. Depuis son inauguration officielle par Moulay Hassan, elle redessine l’horizon de Rabat et Salé, et incarne une ambition qui dépasse les frontières du Royaume.

Haute de 250 mètres, la tour s’inscrit parmi les édifices les plus élevés du continent africain. Elle porte le nom de Mohammed VI, dont la vision accompagne ce projet depuis son lancement en 2018. Huit années de chantier, de précision technique et d’engagement humain ont été nécessaires pour faire émerger cette structure hors norme, portée par l’énergie d’un homme, Othman Benjelloun, et par une convergence rare de savoir-faire.

Dès les premières esquisses confiées à Rafael de la Hoz et à l’architecte marocain Hakim Benjelloun, une intention s’affirme. La tour adopte la forme d’une fusée prête à s’élancer, métaphore d’un Maroc en mouvement, ancré dans son histoire et tourné vers l’avenir. Visible à plusieurs dizaines de kilomètres, elle capte la lumière de l’Atlantique et dialogue avec le fleuve Bouregreg, dont elle épouse la vallée.

À l’intérieur, l’édifice déploie ses 55 étages comme une ville verticale. Bureaux, résidences de haut standing, espaces culturels et un hôtel de luxe sous enseigne Waldorf Astoria composent un ensemble hybride où se croisent voyageurs, entrepreneurs et visiteurs. Au sommet, un observatoire ouvre un panorama spectaculaire, enrichi d’une scénographie qui raconte les deux rives, leur histoire et leurs mutations. Plus haut encore, une installation immersive célèbre les savoirs astronomiques arabo-andalous, prolongeant le dialogue entre héritage et modernité.

L’expérience se poursuit dans les détails. Sous la direction artistique de Pierre-Yves Rochon, artisans marocains et designers internationaux ont conçu un univers intérieur où matériaux nobles, lignes contemporaines et traditions décoratives s’entrelacent. Près de 7 000 œuvres jalonnent les espaces, transformant la tour en parcours artistique, presque en musée vertical.

Autour d’elle, le paysage urbain évolue. Entre le Théâtre Royal de Rabat et la ligne à grande vitesse Al Boraq, la tour s’inscrit dans une nouvelle géographie de la capitale. Son image circule déjà, jusqu’aux billets émis par Bank Al-Maghrib, preuve de son statut d’icône contemporaine.

Depuis ses hauteurs, le regard embrasse les repères historiques, la Tour Hassan, la Kasbah des Oudayas, les vestiges du Chellah. La Tour Mohammed VI s’insère dans cette constellation patrimoniale avec une présence affirmée, tissant un lien entre mémoire et projection.

Sur les rives du Bouregreg, le vent porte désormais une autre idée de la ville. Une ville qui s’élève, au sens propre comme au figuré, et qui inscrit dans le paysage une promesse de transformation, à l’échelle du pays.🇲🇦

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