Pour sa première intervention télévisée depuis sa nomination, Jalal Charaf, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie solidaire, était l’invité du journal de 13 heures de 2M, ce mercredi 28 octobre. Formation, investissement, promotion, tourisme rural et compétitivité du tourisme interne ont constitué les principaux axes de son intervention. Avec, en toile de fond, une ambition qui dépasse largement l’horizon 2030.
Première prise de parole sur un plateau de télévision et premières indications sur la vision que souhaite imprimer Jalal Charaf au secteur touristique. Invité du journal de 13 heures de 2M, le nouveau ministre a esquissé, sur un ton posé et affirmé, les grandes lignes de la prochaine feuille de route touristique 2027-2030, tout en affichant des ambitions à plus long terme.
Premier enseignement de cette intervention, l’objectif de 26 millions de touristes à l’horizon 2030 apparaît, aux yeux du ministre, comme une étape intermédiaire. «Nous sommes aujourd’hui à 20 millions. Les 26 millions sont donc un objectif que nous pouvons atteindre facilement», a-t-il affirmé, avant d’évoquer une ambition autrement plus élevée. En comparant les performances du Maroc à celles des grandes destinations méditerranéennes, Jalal Charaf estime que le Royaume devrait viser à terme «au moins un touriste par habitant», soit 38 à 40 millions de visiteurs.
Une perspective qu’il inscrit déjà dans un horizon 2035-2040, avec la Coupe du monde 2030 comme accélérateur de croissance. «La Coupe du monde est un accélérateur ; nous ne la voyons pas comme un objectif», a-t-il insisté, soulignant la nécessité de capitaliser durablement sur les investissements engagés et sur la visibilité internationale du Royaume.
Pour soutenir cette ambition, le ministre a identifié trois leviers prioritaires. Le premier concerne la formation et la qualité de service, déterminantes pour fidéliser les visiteurs. «Nous voulons que les gens reviennent, parce que c’est une économie durable», a-t-il expliqué. Il a notamment évoqué la formation de 100 000 jeunes par an dans le cadre de la formation professionnelle et de 150 000 à 200 000 personnes au sein des entreprises.
Deuxième priorité, poursuivre la dynamique d’investissement tout en élargissant son périmètre. Au-delà des infrastructures hôtelières, Jalal Charaf souhaite développer de nouveaux circuits touristiques, diversifier les expériences proposées et mieux intégrer les territoires ruraux et montagneux à la croissance du secteur.
Sur ce point, le ministre a particulièrement insisté sur la dimension sociale du tourisme et sur la nécessité d’en faire bénéficier les populations locales. «Il faut développer le tourisme rural et de montagne», a-t-il déclaré, en évoquant l’attraction d’investisseurs spécialisés, la formation des populations rurales et l’amélioration des infrastructures et des transports.
Troisième levier, la promotion et le marketing touristique. Le ministre entend tirer pleinement parti du rayonnement international acquis par le Maroc, notamment grâce au football, pour renforcer son positionnement sur les marchés émetteurs.

L’enjeu consiste également à diversifier les clientèles, en consolidant les marchés de proximité tout en développant les marchés lointains. Avec une priorité clairement exprimée, attirer des visiteurs qui séjournent davantage et génèrent plus de dépenses dans l’économie touristique nationale.
Sur le tourisme interne, Jalal Charaf a abordé frontalement la question des tarifs et de la qualité des prestations, deux sujets régulièrement soulevés par les voyageurs marocains. «Le Marocain trouve que le prix du tourisme au Maroc est très élevé», a-t-il reconnu, avant d’annoncer une volonté de faire baisser les coûts. Le ministre a ainsi évoqué la préparation d’une stratégie spécifique intégrant de nouvelles destinations, une amélioration des transports, une offre plus accessible et une meilleure qualité de service. «Nous allons le baisser», a-t-il assuré en parlant de prix, associant cette orientation à l’amélioration attendue du pouvoir d’achat.
Au-delà des objectifs quantitatifs, Jalal Charaf a également tenu à rappeler sa conception du tourisme comme levier de développement social. «Nous regardons l’impact du tourisme sur les gens qui y travaillent», a-t-il expliqué, en insistant sur l’amélioration des revenus et des conditions de vie des populations concernées.
En dessinant les grandes lignes de sa vision pour le tourisme marocain, Jalal Charaf semble avoir pleinement endossé le costume de ministre qui lui incombe. Formation, compétitivité, investissements, développement territorial, tourisme interne et ambitions à l’horizon 2030, le nouveau ministre prend les grands défis du secteur à bras-le-corps et affiche sa volonté d’inscrire son action dans une dynamique de transformation.
Reste désormais à traduire ces orientations en décisions concrètes, à la hauteur des attentes des professionnels et des ambitions du Royaume.









Edito
« Le Bon sens enfin aux commandes ! »
Par
Ce n’est pas une révolution spectaculaire : juste une série d’actions de bon sens pour l’instant. Et c’est précisément ce qui fait toute la différence. ...
17/04/2025