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Cri de détresse d’une agent de voyage

Cri de détresse d’une agent de voyage

Rita Touzani est une professionnelle du Tourisme depuis une trentaine d’année. Aujourd’hui à la tête de l’agence Global Event DMC Morocco. Diplômée de l’institut Supérieur International du Tourisme, elle opère dans le secteur par passion et conviction. Aujourd’hui, elle lance, à travers les réseaux sociaux, un cri de désespoir pour le secteur du Tourisme qui est à l’agonie depuis le début de la pandémie…
Un texte fort que nous avons décidé de vous relayer.

« Partenaires professionnels du tourisme et de l’événementiel, acteurs associatifs, responsables et dirigeants d’organismes,

Mon personnel et moi-même ne voulons pas vivre de l’aide de 2000 dhs par mois de la CNSS. Nous voulons travailler, et par la force de notre travail, assurer nos salaires et affronter nos charges.

Nous voulons retrouver le chemin de nos marchés que nous avons mis des années à conquérir et que nous sommes en voie de perdre pour des destinations concurrentes déjà ouvertes à la nouvelle normalité.

Nous voulons mettre au service de notre industrie notre créativité, nos solutions, notre capacité à surmonter les obstacles et cela par le travail et non pas par la passivité.

Nous ne voulons plus être marginalisés, tenus sous perfusion à égrainer les pertes chaque jour et constater, totalement impuissants, que les autres destinations offrent un retour à la nouvelle normalité. Nous perdons du terrain, non pas sur 1 mois ou 2 mais sur 1 ou 2 ans.

Nous sommes en train de disparaître des radars, nos clients étrangers avec tout l’amour qu’ils ont pour nous et notre destination doivent aussi vivre. Et pour eux, cela veut dire VENDRE et pour cela ça veut dire acheter AILLEURS. Nos clients ne peuvent plus perdre leurs acomptes en programmant une destination qui n’a pas réellement repris dans LA NOUVELLE NORMALITÉ.

Nous devons nous mettre au travail et sérieusement. Nous pouvons donner des garanties à notre état que nous sommes capables de gérer des groupes étrangers bien mieux que des touristes individuels marocains livrés à eux-mêmes dans tout le pays.

Nous sommes capables de contrôler et maîtriser nos programmes. Nous sommes capables de satisfaire les exigences sanitaires en même temps que les exigences de nos clients.

Nous DEVONS mettre en avant nos atouts, comme de grands espaces avec des circuits safe.

Nous sommes capables d’identifier les sources de problèmes et leur apporter les solutions.

Nous ne voulons plus nous terrer en attendant la fin de la pandémie. Elle n’aura pas de fin avant la nôtre. Nos compétences SONT en train de quitter la profession. Femmes de chambres, jardiniers, serveurs, chefs de cuisine, chauffeurs, guides… ont fui pour des jobs dans la grande distribution, pour les cafés, pour les sociétés de nettoyage, de gardiennage…

Nous allons nous retrouver avec des hôtels avec du staff incompétent et non formé dans les 3 mois à venir.

Nous devons ABSOLUMENT nous remettre au travail rapidement. Reporters nos échéances et nos charges n’est pas une solution si à terme nous perdons nos clients. Ça serra la double

peine ! Nous aurons tout à reconstruire, alors qu’ailleurs la machine est déjà lancée.

18 mois sans contact avec nos marchés, 18 mois sans contacts avec nos clients, 18 mois sans contacts avec nos fournisseurs, 18 mois d’attente insupportable alors que les autres métiers ont repris une vie normale. Banques, assurances, industries automobiles, services informatiques, industries pharmaceutiques, grandes distributions, écoles privées…tous les métiers ont repris une vie normale et nous, nous devons les regarder prospérer, travailler, se réinventer et nous restons en retrait, ne sachant pas comment gérer les prochaines 24 heures.

Oui la pandémie est grave. Mais nous sommes capables d’y apporter des solutions. Si les hôtels sont pleins de touristes nationaux et marocains du monde, si les buffets sont pleins à craquer tous les jours avec des centaines de milliers de clients locaux et marocains venus du monde entier, alors expliquez-moi quelle différence cela ferait-il avec des clients internationaux ? Où est la

différence ? Leur noms et prénoms ?

Nous voulons travailler, nous ne demandons rien d’autre que de travailler au même titre que tout le monde ! »

Rita Touzani

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