Par Said Mouhid
Depuis l’annonce ce jeudi 23 Juin du résultat du référendum confirmant le Brixit, les opérateurs aériens du Royaume-Uni et notamment la compagnie low-Cost Easyjet sont particulièrement inquiets des conséquences lourdes que cette décision pourrait entrainer sur leur business model.Tout d’abord et à effet immédiat, le titre Easyjet a perdu 32% de sa valeur sur le marché financier depuis jeudi. Par ailleurs, Les demandes du Gouvernement français d’accélérer les modalités de sortie du Royaume-Uni ne sont pas pour rassurer les investisseurs et les voyageurs. En effet, un climat lourd d’incertitude est entrain de s’installer et n’encourage pas aux voyages dans ces circonstances.
La Direction d’Easyjet prévoit d’ailleurs une chute du Chiffre d’affaires d’au moins 5% par siège pour le 2ème trimestre 2016, et ce, à taux de change constant de la livre sterling. Or, justement, la devise britannique a aussi chuté de son côté de 12% par rapport au dollar depuis l’annonce du Brixit, à un niveau jamais vu depuis 30 ans.
Cette baisse de la livre sterling ne manquera pas de renchérir les coûts d’exploitation des compagnies aériennes britanniques et donc le prix des billets d’avion. Elle s’ajoutera aussi au renchérissement du coût du voyage et des prestations à l’étranger pour les touristes du Royaume-Uni et aboutirait fatalement à un ralentissement de la demande au départ de ce dernier.
Mais ce qui inquiète le plus, c’est que désormais, les compagnies britanniques , telle Easyjet, ne pourraient plus du fait du Brexit, bénéficier du « Ciel Unique européen », institué en 2004 et qui permet à toutes les compagnies communautaires soit de desservir des lignes domestiques dans un autre pays européen (Paris-Nice par exemple) soit de relier deux aéroports européens à l’extérieur du Royaume-Uni (Munich-Milan par ex.), soit encore de relier un aéroport d’un pays de l’Union européenne à un autre pays hors Union Européenne ayant signé un accord d’ « Open Sky », comme c’est le cas du Maroc par ex.
A titre juste d’illustration, Easyjet dessert Marrakech au départ de Paris, Bordeaux, Nice, Lyon, Bâle mais aussi Milan, lignes qui bénéficient actuellement des accords multilatéraux entre l’Union Européenne et le Maroc, mais qui ne le seraient plus dans la configuration du Royaume-Uni post Brexit. A moins cependant de changer son statut de compagnie britannique et domicilier son siège social dans un pays de l’union européenne,
mais cela aussi aurait de sérieuses conséquences fiscales, sociales et organisationnelles pour les compagnies britanniques, particulièrement les low-cost.
L’hypothèse du maintien aux pavillons UK des facilités communautaires dans le ciel européen paraissant effectivement très peu probable, Easyjet ne serait pas la seule concernée bien sûr. British Airways les filiales du Groupe IAG (Vuelling…etc.) ainsi que les compagnies UK (Flybe, jet2 ou BA City Fly et autres) pourraient aussi être impactées, quoique dans une plus faible dimension.
Ryanair, pour sa part, bénéficiant de son statut de compagnie Irlandaise, verrait plutôt son développement freiné vers le Royaume-Uni. Elle pourrait, cependant, être aussi tentée de suppléer aux éventuels retraits d’Easyjet ou autres compagnies britanniques dans d’autres pays européens…
Edito
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